Depuis 1998

Pendant votre sortie

Vous trouverez dans cet article des conseils et des informations pour rendre votre sortie aussi sûre et agréable que possible. Avec la bonne approche, vous vous libérerez l’esprit de beaucoup de stress, et laisserez plus de place au plaisir de rouler et aux paysages.
Pour profiter des paysages pendant votre sortie, videz-vous la tête de tout le reste.

Le respect mutuel sur la route avec les véhicules à moteur : une affaire d’Histoire

Le vélo à pédales a été inventé en France au XIXe siècle, à peu près au moment où naissait aussi la première automobile à essence. Nul doute, donc, que conducteurs et cyclistes ont appris à partager la route en se respectant.
Cette histoire unique donne au vélo en France un contexte particulier pour tous les usagers de la route : les automobilistes sont en grande majorité attentifs aux vélos. Ils les respectent davantage que dans la plupart des autres pays.

En particulier, l’usage veut qu’on ne double pas un vélo de trop près, au risque de frôler le cycliste, s’il n’y a pas assez de place pour le faire. Il est courant qu’un véhicule attende une minute ou deux que la voie soit libre pour doubler en toute sécurité.
Autre point remarquable : l’absence presque totale d’insultes pendant que vous roulez.
En Australie, rouler à vélo peut vous valoir une bonne dose d’insultes vulgaires lancées gratuitement par les fenêtres des voitures, et parfois même une bouteille ou un autre projectile. (Je suis sûr que ça vous est déjà arrivé !) En France, c’est extrêmement rare. En plus de 20 ans de vélo dans le pays, cela ne m’est personnellement jamais arrivé.

Cela dit, dans un pays comme dans l’autre, gardez à l’esprit que se disputer avec un automobiliste à propos d’une faute de conduite peut déclencher des représailles, par exemple une queue de poisson pour essayer de vous faire tomber, sauf que c’est vous qui n’avez pas de carrosserie autour de vous !
Certains placent leur fierté un cran trop haut, au point de ne pas reconnaître une erreur évidente de leur part, ou de ne pas tolérer une erreur de la vôtre ; il y aura toujours ce type prêt à vous renverser avec son véhicule juste pour avoir le dernier mot, puisqu’à cet instant, il a le pouvoir, à l’abri dans son habitacle. Alors restez vigilant en permanence, quel que soit le pays où vous roulez.

Les particularités du vélo en ville

Rouler en ville ne représentera qu’une petite partie des parcours, mais cet environnement chargé et intimidant demande une attention particulière.

Votre statut particulier de cycliste à l’entraînement en ville

Vélo veut dire rapide Vélo vient du latin velox, qui veut dire rapide. Il a aussi donné l’italien veloce, utilisé par le fabricant de composants Campagnolo pour l’un de ses groupes, et employé en musique pour indiquer qu’un passage doit être joué vite.
Rapide peut vouloir dire vraiment rapide, et en ville, aussi rapide que les voitures, voire plus dans les villes encombrées. Aussi rapide que les voitures, mais bien moins protégé.
En pratique, en tant que passionné de vélo, vous roulerez au milieu des vélos de loisir, typiquement utilisés par ceux qui vont au travail ou par les familles en sortie le week-end, et des voitures. Vous entrez donc dans la catégorie des véhicules relativement rapides, sans être perçu comme tel par tous les usagers de la route (vous n’êtes qu’un vélo, après tout), ni par les autorités routières, qui s’intéressent au code de la route et pas à votre entraînement, évidemment.
Ce double statut, être un vélo mais un vélo rapide, est précisément ce qui peut compliquer votre vie sur la route. Les infrastructures routières en France sont conçues de la même façon que dans la plupart des pays d’Europe du Nord et de l’Ouest : on y trouve des bandes cyclables et des pistes cyclables, de plus en plus nombreuses avec le temps.

La question sensible des pistes cyclables en France

La loi vous impose de rouler sur la piste cyclable s’il en existe une. Je ne parle pas ici des bandes cyclables, mais des pistes cyclables, donc séparées de la chaussée.

Bien sûr, vous devez respecter la loi. Je vais toutefois parler ici des usages, tels qu’on les observe sur la route dans la vraie vie. Ce n’est pas vraiment légal, même si c’est parfois toléré, mais c’est la pratique courante de nombreux cyclistes sérieux, moi compris quand je roule à titre privé.

Les bandes cyclables sont sur la même chaussée que les autres véhicules, seule une ligne les sépare des voies des voitures. Ce sont donc les passages les plus fluides. Les pistes cyclables, elles, sont utilisées par tous les vélos, quelle que soit leur vitesse. Leur étroitesse rend parfois difficile ou dangereux le dépassement d’un autre cycliste, qui demande de communiquer avec les autres usagers de la piste avant de s’y engager. En fait, elles longent généralement un trottoir, et s’interrompent donc au bout de chaque pâté de maisons. Ça peut être très pénible quand vous vous entraînez, à plus de 30 km/h, en faisant l’effort de garder une vitesse constante.

Même si l’usage des pistes cyclables pour s’entraîner est évidemment autorisé, il ne concerne qu’une minorité d’usagers ; les automobilistes et la police, plus habitués à voir des cyclistes qui ne s’entraînent pas, s’attendent donc à ce que vous empruntiez les pistes cyclables quand il y en a, avec toutes les contraintes qui vont avec.

Ce double usage du vélo crée parfois des situations inconfortables, où vous aimeriez vous entraîner sur les pistes, mais où c’est rendu quasiment impraticable par leur configuration, les débris qui les recouvrent, et leurs autres usagers, dont certains n’ont rien à y faire (poussettes, mobylettes, scooters, quads, joggeurs, ou voitures garées). Beaucoup de pistes cyclables n’ont jamais été entretenues, et sont souvent couvertes de gravillons, d’éclats de verre et de débris en tout genre. Elles servent aussi de chemin de beuverie aux piétons. Il est courant que leurs exploits nocturnes comprennent des bouteilles fracassées, des vitres d’abribus brisées, et toutes sortes d’objets cassés sur la piste, ce qui en fait une source potentielle de crevaisons.
Tout aussi important : nombre d’automobilistes les considèrent comme des places de stationnement, et n’hésitent pas à les bloquer plus ou moins longtemps en s’y garant illégalement en travers.

Si vous ne voulez pas les emprunter, et malgré tous vos efforts pour serrer le bord droit de la route afin de laisser passer les voitures, vous aurez sans doute droit à un coup de klaxon ou à une remarque d’un automobiliste sur dix environ.
Les automobilistes français vous laisseront faire à peu près tout en ville, comme rouler entre les files, remonter une rue à contresens ou rouler sans éclairage, mais rouler sur la chaussée là où il y a une piste cyclable, ça, ça les fait vraiment sortir de leurs gonds.

Cela dit, j’ai remarqué que les automobilistes ont tendance à ne rien vous dire s’ils voient que vous êtes un cycliste sérieux, avec un vélo sérieux ; et si vous serrez à droite autant que possible, sans jamais rouler à deux de front, vous ne devriez rencontrer aucun problème.
En revanche, si la police vous repère sur la chaussée là où il y a une piste cyclable, elle risque fort de vous arrêter et de vous faire la leçon. À ses yeux, aucune des raisons évoquées plus haut ne sera recevable. Souvenez-vous que la plupart d’entre eux ne font pas de vélo du tout, qu’ils ne comprendront absolument pas votre raisonnement, et qu’ils n’aimeront pas non plus que vous en discutiez.

Pas d’attente, priorité au vélo

Il y a peu de chances qu’il vous arrive quoi que ce soit en roulant, car les automobilistes en France font particulièrement attention aux cyclistes. Même dans la ville la plus encombrée (Paris), ils s’arrêtent pour vous laisser tourner où vous voulez, même si vous êtes en tort. En particulier, l’immense majorité des automobilistes laissent au moins un mètre entre votre coude gauche et leur véhicule. Malgré tout, on ne peut évidemment pas exclure totalement un « frôleur ».
Pour vous donner un exemple concret, au moment où j’écris ces lignes, je rentre tout juste d’une sortie de 225 km à travers la campagne, où voitures et camions roulent vite (même si les camions sont limités à 90 km/h partout sur les routes de campagne) : eh bien, un seul véhicule m’a « frôlé », toutes proportions gardées (il a peut-être laissé 75 cm sur ma gauche).

Le code de la route en France

Pour commencer, passons en revue ensemble les règles importantes du code de la route en France.
Roulez à droite !
Difficile de passer à côté, mais c’est facile à oublier en sortant d’un parking, d’un hôtel, d’une allée, etc., quand vous n’êtes pas concentré parce que vous avez la tête ailleurs, surtout les premiers jours.
Tournez dans le sens inverse des aiguilles d’une montre sur les ronds-points
Et les ronds-points pullulent en France ! Depuis au moins vingt ans, la politique a en fait consisté à transformer autant de carrefours que possible en ronds-points. Alors autant les maîtriser tôt.
Si vous n’êtes pas sûr de vous, vous pouvez rester sur le côté droit de la chaussée en tournant dans le sens inverse des aiguilles d’une montre.

Attention au moment de passer devant une sortie : les voitures peuvent sortir à vive allure juste devant vous. Tendez le bras gauche pour indiquer que vous continuez à tourner. Quand vous arrivez enfin à la sortie voulue, tendez le bras droit pour indiquer que vous sortez.
Quand c’est possible, la meilleure façon de prendre un rond-point si vous savez déjà que vous sortirez après midi sur le cadran (c’est-à-dire à gauche) est de vous placer au centre du rond-point en y entrant, puis de vous décaler à droite juste avant la sortie voulue, en utilisant votre bras droit comme clignotant. Vous remarquerez que les voitures, dans leur immense majorité, vous laissent la place et le temps de le faire, et vous laissent aller où vous voulez. Souvenez-vous que la plupart des automobilistes français considèrent le vélo comme prioritaire sur tout autre véhicule, tant qu’il n’y a pas de piste cyclable…
La règle de la « priorité à droite »

La priorité à droite peut être difficile à comprendre pour les visiteurs.
Cette règle peut être assez déroutante et difficile à comprendre pour les visiteurs étrangers qui viennent en France.
En gros, elle vous demande de céder le passage à quiconque arrive sur une intersection par votre droite, si et seulement si aucune bande n’est peinte au bout de sa route, comme sur la photo de gauche.

Elle peut être déroutante, car elle s’applique typiquement alors que votre route a l’air prioritaire, mais ne l’est pas dans ce cas. Cette route secondaire qui croise la vôtre (dans l’exemple, pris à Sainte-Marie-de-Cuines, la route qui croise est en fait secondaire). À vélo, en montant la montagne à faible vitesse, il est facile de ralentir pour regarder à droite, mais quand vous redescendez la même route, vous dévalez à 60 km/h, et ce carrefour est potentiellement très dangereux, car les conducteurs du coin qui arrivent par la droite le connaissent et partent du principe qu’ils peuvent rouler à leur vitesse habituelle.
Ce piège peut provoquer des accidents graves, et a valu au siège passager (situé à l’avant droit) d’être surnommé par les Français « la place du mort ». Charmant…

Routes à accès réglementé

Accès réglementé. Interdit aux vélos.
Si vous voyez l’un de ces panneaux à droite, ce n’est pas une bonne idée de vous engager sur cette route. L’accès en est interdit aux vélos. Cherchez ce panneau chaque fois que vous prenez une bretelle. Certaines semblent trop belles pour être vraies, avec leur revêtement tout neuf et un panneau indiquant la ville où vous voulez aller, mais malheureusement, il vous faudra prendre un autre itinéraire.

Pas de front
Même si c’est parfois toléré sur deux files, rouler de front est généralement interdit en France. Je déconseille vivement à un groupe de rouler de front : roulez plutôt en file indienne.
Les privilèges
Les devoirs s’accompagnent souvent de privilèges. Ceux du cycliste en France sont assez généreux, Dieu merci. En particulier, vous pouvez traverser les voies pour vous placer dans la bonne file pour tourner. Les voitures derrière vous doivent attendre, et attendront, que vous changiez de file, à condition de leur en laisser la possibilité et d’indiquer vos changements de file avec le bras correspondant.
La plupart des rues piétonnes des centres historiques sont accessibles aux cyclistes à faible vitesse. La police fait preuve d’une grande tolérance envers les vélos, même quand vous roulez là où vous ne devriez pas, comme sur un trottoir, même si la plupart du temps, les gens le font parce qu’il y a moins de patrouilles de police à l’affût des vélos qu’en Australie. En général, on ne les voit pas, ou elles patrouillent pour d’autres raisons.

Enfin, rappelez-vous que je vous recommande de respecter le code de la route en permanence, même si vous voyez d’autres personnes faire n’importe quoi (c’est très courant en France).

Échauffez-vous avant de lâcher les watts

L’échauffement fait partie de votre hygiène et de votre sécurité. Je vous mets en garde contre les effets néfastes d’un départ d’étape en appuyant fort sur les pédales, dans une montée par exemple. J’ai d’ailleurs deux étapes avec ce profil dans notre catalogue. Dans ce cas, partez doucement, sur un petit braquet, jusqu’à être bien échauffé (en général 20 minutes ou plus).
Vous risquez une inflammation des tendons si vous les maltraitez à froid. Cela pourrait compromettre la suite de votre séjour, et vous empêcher d’en profiter comme vous le devriez.

Pas de Ventoux au départ de Bédoin

En conséquence de ce qui précède, nous vous déconseillons de tenter une ascension du Ventoux au départ de Bédoin (le village au pied du mont Ventoux) comme seule sortie de la journée. Beaucoup de cyclistes le font. Ils arrivent directement à Bédoin en voiture ou en van, sortent le vélo et attaquent la montée.
Le Ventoux est très exigeant, avec ses 15 km d’ascension régulière à 10 % sans répit, avant d’arriver au seul replat de la montée : un court tronçon au « Chalet », à 5 km seulement du sommet. Ce type d’effort doit se faire après un long échauffement progressif. De plus, je vous encourage à privilégier l’entraînement en endurance, avec des passages anaérobies occasionnels, pour vous sentir bien dans les bosses plus tard dans votre vie. Monter seulement 20 km depuis Bédoin comme unique sortie de la journée (d’accord, plus les 20 km de descente, qui ne sont pas vraiment un effort physique) ne vous apportera aucun travail d’endurance, et n’améliorera pas votre capacité à faire 200 km, si c’est ce que vous aimeriez faire un jour.

J’ai dit que nous avions deux étapes qui commencent par une montée : en fait, dans les deux cas, elles débutent plutôt en douceur, avec quelques épingles raides çà et là, mais elles comportent des replats, contrairement au Ventoux.

(3654 vues)
créé le lundi 10 septembre 2012
révisé le mardi 27 octobre 2026 par
Accepteriez-vous notre politique de confidentialité ? Elle parle de cookies et de données personnelles...