Prendre l’avion en toute sécurité avec un vélo de valeur
Quelle est ma franchise bagages ? Ai-je une housse adaptée ? Quelles contraintes physiques mon vélo va-t-il réellement subir ? Eh bien, j’ai testé pour vous…

Le prendre ou le laisser ?
Avec quelle compagnie voyagez-vous ?
La réponse peut déterminer votre décision. Si votre budget billet d’avion est serré, vous ne voudrez peut-être pas payer les frais très élevés d’excédent de bagages. Une housse de vélo + le vélo + les outils et accessoires nécessaires atteignent facilement 20 kg à eux seuls. Que reste-t-il pour le reste… c’est-à-dire pour l’essentiel à vos yeux ?
Choisir Emirates, c’est logique
Je vous recommande de voler avec Emirates. N’allez pas croire que je touche une commission ! Je pense simplement que leur offre est la plus sensée. Ils autorisent 30 kg de bagages en soute en classe éco de l’Australie vers l’Europe, ont des tarifs compétitifs, de nombreuses promos, des vols en partage de code avec Qantas, et le service est excellent. D’accord, notre infirmière diplômée sur les séjours était hôtesse de l’air chez eux, mais cela n’a pas totalement influencé ma décision de les présenter comme la compagnie privilégiée pour un séjour en France. Sérieusement, ils vous offrent 7 à 10 kg de plus que les autres compagnies. C’est largement assez pour emballer vos affaires personnelles dans un sac à part, voire dans la housse du vélo. Alors pourquoi vous embêter avec une autre compagnie ?
Il y a des vols tous les jours, et vous arrivez en France après une nuit de vol. Partez d’Australie l’après-midi ou le soir (le meilleur horaire, selon moi, est le vol tardif au départ de Perth), et arrivez le matin ou vers midi à Paris ou à Nice. Ah oui, j’ai oublié de dire que Nice est aussi desservie en direct depuis Dubaï !

Pour et contre le voyage avec son propre vélo
Pour
- Le plaisir de retrouver votre propre vélo à l’arrivée, avec les mêmes sensations et le même comportement technique qu’à la maison.
- La fierté d’emmener votre fidèle vélo sur de nouvelles routes et de nouveaux cols.
- L’économie réalisée en n’en louant pas un.
- Pas besoin de s’habituer à un autre vélo qui ne vous donne pas tout à fait les sensations auxquelles vous êtes habitué.
- Utiliser votre vélo avant et après votre séjour.
- Profiter de l’occasion pour acheter une pièce neuve, petite ou grande, au prix français (donc… bas), et la monter tout de suite sur votre vélo pendant votre séjour à l’étranger.
Contre
- Le risque de dommage ou de perte pendant le vol ou le transit.
- Le risque de dommage ou de vol pendant votre séjour à l’étranger.
- La corvée d’emballer, d’envelopper, de démonter certaines pièces ou de tourner le guidon dans la housse, deux fois.
- Devoir acheter une housse de vélo.
Les contre, en détail
Le risque de dommage ou de perte pendant le vol ou le transit
Évitez les dommages dus aux mauvaises manipulations et au contact avec les bagages voisins en vous reportant à la section href://#constraints-study:Étude des contraintes: plus bas.
La perte est assez rare, mais peut arriver. Avec ou sans assurance voyage, la réglementation aérienne actuelle prévoit une indemnisation pour tout bagage retardé ou perdu. Mais l’assurance voyage, qui est une nécessité et pas une simple option, peut couvrir toute perte non prise en charge par la première, et pas seulement la perte de votre vélo, dans le cas très improbable où il serait perdu pour de bon.
Le risque de dommage ou de vol pendant votre séjour à l’étranger
Le vol est encore moins probable que les dommages pendant le transport aérien. Toutefois, si vous ne faites pas attention à votre vélo lors de vos déplacements à l’étranger, il pourrait être volé. Vous pourriez notamment vous le faire voler si vous appliquez vos « critères de vigilance australiens », assez laxistes, dans un pays où la « culture du système D » vous dépasse. Pour éviter toute mésaventure, gardez un œil sur votre vélo 100 % du temps à l’étranger, et tout ira bien.
La corvée d’emballer, d’envelopper, de démonter certaines pièces ou de tourner le guidon dans la housse, deux fois.
Pas grand-chose à faire contre celle-ci, à part se dire que ce n’est qu’une heure après tout. Comparez avec le temps passé à faire votre valise habituelle. Que perdez-vous vraiment, au regard des avantages à l’arrivée ?
Devoir acheter une housse de vélo

« Maintenant qu’il est là, je ne regrette pas. »
Rien ne vaut l’excitation et la satisfaction que vous ressentirez quand le personnel au sol de l’aéroport vous remettra votre gros paquet de bonheur hors format. Évidemment !La bonne façon d’emballer votre vélo
Les bases de l’emballage

L’emballage est facilité par une housse du même type que celle présentée dans cet article. J’ai utilisé une housse Polaris (fabriquée au Royaume-Uni). Elle est livrée avec deux housses de roues assez grandes pour accueillir des housses intérieures, comme les housses noires standard de Mavic ou d’une autre marque, fournies avec vos roues à l’achat.
Emballage avancé : étude des contraintes
N’importe quel rembourrage épais et généreux ne fera pas l’affaire. L’emballage est un art. Toute grande entreprise qui expédie ses produits en France ou à l’étranger mobilise en fait un ou plusieurs ingénieurs à plein temps pour concevoir des cartons et des calages adaptés. L’important n’est pas de passer des heures à apprendre la théorie, mais de connaître la règle de base, pour utiliser ce que vous avez sous la main à la maison pour emballer votre vélo, et ainsi vaincre les forces maléfiques qui veulent lui nuire… les forces physiques, s’entend.
La règle de base, quand vous emballez, est d’anticiper, avec bon sens, les contraintes que subira le colis. Emballez-le pour qu’il résiste à ces contraintes sans dommage pour le vélo. En gros, il faut rendre les surfaces de contact entre votre vélo et la paroi intérieure de la housse aussi grandes que possible, pour que toute pression exercée vers l’intérieur sur la paroi extérieure de la housse trouve une grande surface sur laquelle se répartir, ce qui réduit cette pression.
Pas d’inquiétude, il ne vous faudra que quelques minutes pour trouver comment emballer votre vélo. Ce qui peut prendre un peu plus de temps, c’est de trouver le matériel d’emballage et d’emballer pour de bon.
Alors, quelles pressions la housse peut-elle subir ?
La plus probable est une pression vers l’intérieur sur les grandes faces de la housse. Par exemple, quand votre vélo est au fond d’un conteneur à bagages, avec une pile de valises par-dessus. Autre situation : un objet de forme irrégulière, pointu disons, appuie sur votre housse parce qu’il est lui-même pressé contre elle par d’autres bagages. Toute partie pointue qui exerce une pression peut faire un trou, une bosse, des rayures, ou tordre une pièce de votre vélo. Voyons maintenant dans la section ci-dessous comment emballer et caler pour éviter ces dommages indésirables.
Faire face aux contraintes
Liste de contrôle
Vous trouverez ci-dessous une série d’actions à suivre pour traiter tous les points faibles de votre vélo et éviter qu’il ne soit écrasé ou abîmé pendant le transport.


- Rappel : démontez les deux roues et placez-les dans les housses à roues fournies avec la housse, ou au moins dans une forme de housse à roue. Idéalement, découpez quatre disques de carton pour faire des « sandwichs de roues ». On trouve facilement du carton chaque semaine dans les bennes des grands magasins de meubles.
- Placez des cales sur la fourche et la patte arrière, comme sur la photo, pour éviter de fissurer le cadre en cas de pression latérale. Vous trouverez facilement des cales chez votre vélociste préféré, qui devrait en recevoir chaque semaine avec les cadres. Il devrait vous les donner gratuitement, puisqu’elles ne lui servent plus à rien une fois les cadres déballés.
- Protégez les étriers de frein avec un morceau de ruban adhésif ou de carton, comme sur la photo.
- Retirez la selle et la tige de selle ensemble. Ne vous contentez pas de la desserrer et de l’enfoncer : vous rayeriez la tige ou y laisseriez à jamais la marque d’un anneau (ça vous dit quelque chose ?).
- Desserrez le guidon, juste assez pour le tourner le long du cadre, et faites-le pivoter un peu pour gagner de la place. Vous pouvez ainsi laisser la fourche droite, et donc ne pas tirer sur les gaines.
- Si besoin, retirez le prolongateur de triathlon.
- Protégez vos manettes de frein et de vitesses avec plusieurs tours de papier bulle.
- Glissez un peu de papier bulle ou de mousse pour éviter que le guidon ne cogne contre le tube supérieur du cadre.
- Empêchez le guidon de s’écarter du tube supérieur avec des élastiques. Évitez le ruban adhésif, pour ne pas laisser de traces de colle.
- Empêchez le pédalier de tourner en immobilisant l’une des manivelles avec un ou deux élastiques bien serrés, comme le font les triathlètes quand ils courent avec leur vélo jusqu’à la ligne de départ.
- Évitez que votre vélo repose sur le sol pendant l’emballage, puis au fond de sa housse, sur le bas du plateau ou sur le boîtier de pédalier. Pour cela, découpez une fente de la bonne taille dans un bloc de mousse (ou de polystyrène) et placez-le sous le plateau, comme un support de vélo. C’est l’un des points les plus importants. Vous pourriez abîmer une ou plusieurs dents du plateau si vous le négligez.
Si vous n’avez pas facilement accès à de la mousse, utilisez simplement plusieurs couches de papier bulle, voire un vieux pull épais ou un petit manteau, qu’on trouve quasiment gratuitement au pied d’une benne de collecte de vêtements (Emmaüs, etc.). - Empêchez tout objet ajouté ensuite dans la housse de bouger pendant le transport. Il pourrait abîmer votre vélo de l’intérieur. Je pense à la selle et à la tige démontées plus tôt, aux clés Allen, tournevis, clés plates, ou à tout ce dont vous aurez besoin pour le remontage. Chaque objet dur dans la housse doit être soit rangé à l’écart du vélo (dans les poches latérales de la housse), soit inoffensif pour le vélo, soit assez emballé pour ne causer aucun dommage s’il heurte le vélo, ou s’il est pressé contre lui parce qu’il est lui-même poussé par un autre bagage.

Ce que vous gagnez en prime
Un vélo, quand on le regarde, est plein de vide. Il a en fait une structure filaire. Le cadre, les roues, la selle et le guidon sont surtout fins, mais de formes irrégulières. Résultat, il reste beaucoup de place dans la housse. Profitez de ce bonus pour y ajouter vos vêtements de vélo et les autres vêtements dont vous aurez besoin pendant votre voyage. Non seulement ils serviront de rembourrage supplémentaire, mais vous économiserez même le poids d’un autre sac ou d’une autre valise que vous auriez pu prendre en plus. C’est aussi l’endroit idéal pour l’équipement encombrant, comme votre casque (à protéger avec du papier bulle), et aussi vos bidons, que vous pouvez simplement laisser dans leurs porte-bidons. Souvenez-vous qu’un casque n’est sûr que s’il n’est jamais tombé. Je n’ai voyagé qu’avec la housse de vélo, avec tous mes vêtements et ma trousse de toilette dedans. C’était largement suffisant pour partir dans un endroit d’été, ce qui sera le cas.
Peut-on prendre l’avion avec des cartouches de CO2 ?
Certains États l’autorisent, d’autres non. J’ai personnellement voyagé au départ d’Adelaide avec des cartouches de CO2 dans mes bagages, même en cabine. Mais on m’a confisqué les mêmes cartouches au départ de Newcastle. Renseignez-vous donc auprès de l’autorité aéronautique de votre État de départ avant de partir. Le nombre de cartouches que vous pouvez emporter en cabine, ou en soute, dépend de la masse de gaz qu’elles contiennent. Il existe différentes capacités, 16 g ou 24 g par exemple. Vérifiez vos cartouches en cas de doute.
Ignorez les mythes que vous trouverez sur le Web à ce sujet. Appelez simplement la sûreté de votre aéroport international, qui vous indiquera la quantité maximale exacte qu’elle vous laissera passer, en cabine comme en soute.
Quelques astuces pour régler la question du vélo
La housse de transport
Si vous comptez prendre le TGV, de l’aéroport à la ville de départ de votre séjour par exemple, ou pour aller à l’aéroport d’arrivée (Paris ou Nice) ou en revenir, il vous faudra une housse de vélo. Souple ou rigide, peu importe. Croyez-moi, la SNCF (la compagnie ferroviaire nationale) ne manquera pas de vous rappeler que votre vélo doit être housé. Dans les TER (trains régionaux), en revanche, ce n’est pas obligatoire, et des emplacements pour vélos sont généralement disponibles.


