Importer ses effets personnels en Australie par conteneur maritime
Cet article est pour vous. C’est le récit authentique de notre expérience personnelle en 2016 : une importation difficile, et même éprouvante, de nos affaires en Australie, à l’approche de Noël.

Introduction
À notre retour en Australie, nous avons de nouveau déménagé avec un conteneur maritime de 20 pieds, mais cette fois-là, tout s’est beaucoup moins bien passé que pour notre déménagement en France, à cause des procédures particulièrement dures et sans cœur imposées par les douanes et la quarantaine. Ce fut une période très stressante, où nous avons dû attendre le dédouanement du conteneur, sans rien d’autre avec nous que ce que nous avions dans nos bagages. Nos affaires du quotidien, toujours coincées dans le conteneur, ont commencé à beaucoup nous manquer.
L’attente de l’arrivée du conteneur n’a pas duré moins de six semaines ; elle s’est même allongée, à cause d’une mauvaise gestion logistique et d’une communication contre-productive de la part du transitaire avec qui nous traitions.
La livraison du conteneur au hangar du transitaire et le dédouanement ont été longs, d’autant plus que c’était la période de Noël, où les inspections commerciales passaient avant celles des particuliers. Ce point est plutôt discutable. Pourquoi des articles de Noël commerciaux et matériels seraient-ils plus importants qu’une famille qui attend depuis tout ce temps, avec de jeunes enfants, dans la chaleur de Brisbane, de récupérer ses affaires ? Paradoxalement, le gouvernement australien, dont font partie les douanes, serait prompt à vous dire, par la voix de la police, qu’il ne faut pas rouler trop vite pendant les fêtes pour arriver à l’heure au dîner de Noël en famille, parce que votre vie compte plus que les choses matérielles. Eh bien, ici, ces valeurs semblent avoir été inversées. Au passage, cette attente n’était pas gratuite : il nous a fallu payer des déplacements intérieurs, l’hôtel et une colocation pendant tout ce temps. Ce n’est pas comme si nous étions logés gratuitement en famille.
L’Australie applique une réglementation draconienne sur ce qui entre dans le pays. En particulier, les autorités sont paranoïaques et en font des tonnes avec les prétendus risques biologiques. Tout repose sur une application stricte des règles, qui, curieusement, l’est moins dès qu’il s’agit de chevaux de course venus en Australie pour les Jeux olympiques ou d’autres événements sportifs, ou de produits alimentaires surtaxés qui entrent quand même (par ex. fromages européens, fruits secs). Mais pour ce qui est du contenu de votre conteneur, on le jugera par défaut potentiellement plus dangereux pour l’environnement que les entrailles d’une centaine de chevaux de course ; on voudra donc l’inspecter entièrement, et pas seulement avec un chien renifleur pour détecter la présence de drogue ou d’autres substances illicites.
Pour rendre cette inspection possible, il existe plus d’une méthode, mais ils choisiront la moins chère, celle qui n’utilise pas la technologie fiable et précise disponible aujourd’hui (spectrométrie, radiographie aux rayons X). Au lieu de prélever quelques échantillons à l’entrée, au milieu et au fond de votre conteneur, et de les passer dans un spectromètre, du genre de ceux qu’on voit aux contrôles aléatoires à l’aéroport, ils enverront un ou deux agents de la quarantaine à l’entrepôt du transitaire mandaté par votre agent de transport, et ils inspecteront le contenu de votre conteneur… à même le sol !
Déballé en vrac… et vos nerfs avec
L’effet de cette réglementation australienne stricte sur le contenu de votre conteneur est désormais très concret : votre conteneur SERA déballé en vrac, à même le sol, quel que soit le soin et la compacité avec lesquels vous l’avez rempli. Il ne connaîtra pas le luxe d’être vidé par des mains agiles et attentionnées, mais plutôt par des mains brusques, maladroites et sans égards. On pourrait croire que des professionnels partent du principe que vos affaires comptent pour vous, et les traitent donc avec respect et soin, comme ils le feraient pour les leurs. Au contraire, chez ce transitaire, c’était alors un contre-la-montre, loin des yeux du client final : le contenu s’est donc vite retrouvé empilé de la façon la plus chaotique possible, sans même respecter les règles de base de l’empilement.
Choisissez votre agent
Si possible pas Monaco Global Enterprises Pty Ltd (Victoria)
Quand nous avons loué un conteneur, quelques mois avant le début du déménagement, nous nous sommes adressés à un agent de transport dans le pays de départ (la France). Il a ensuite travaillé avec le transitaire de réception local de son choix, que nous n’avons pas choisi, et il subissait une communication en alternat, lente à cause du décalage horaire. La moindre question mettait généralement deux jours à obtenir une réponse, et un troisième pour nous revenir.
Nous avons contacté directement Monaco Global Enterprises pour convenir d’un lieu, d’une date, d’une heure et d’un mode de livraison du conteneur. Ils ne semblaient pas savoir que les particuliers ne peuvent pas se faire livrer un conteneur maritime directement devant leur porte, comme nous l’avions fait en France. Cette ignorance a entraîné beaucoup de confusion et de temps perdu.
Notre relation avec eux est passée de très agréable et sympathique au début à quasi abusive vers la fin, avec, au milieu, un abandon du navire inacceptable. Ils nous ont tourné le dos sans nous prévenir, créant une période de flottement pendant laquelle aucun transitaire ne s’occupait de notre dossier, sans que nous le sachions. Le temps a été suspendu pendant plus d’une semaine, rendant impossible la livraison de notre conteneur avant les fêtes de Noël et avant le nouvel an, comme c’était initialement prévu.
De l’attitude « pas de problème » au « débrouillez-vous, je quitte le navire »
Au téléphone, Monaco GE semblait au départ très facile à vivre. Tout paraissait si simple. Il nous suffisait de fournir une adresse de livraison et un point physique précis, pour que leur camion ne galère pas, et ils reviendraient vers nous avec un jour et une heure. Un peu comme pour notre déménagement en France. Mais très vite, la musique a changé. Ils ont jugé le lieu de livraison inadapté, parce que c’était « une résidence ». J’ai alors négocié une livraison tout au fond de l’allée, qui se prolonge par une zone non goudronnée et un champ. Mais ça n’allait pas non plus.
Comme nous cherchions encore un logement définitif, celui que nous étions prêts à louer n’a pas abouti pour d’autres raisons, et nous avons dû renoncer à y emménager. Nous avons vite trouvé un autre logement. Cette fois, j’ai demandé une livraison du conteneur le long d’un grand espace vert voisin. J’ai vérifié auprès de la mairie, et apparemment, nous avions le droit d’y laisser un conteneur le temps d’un week-end sans demander d’autorisation. Le plan parfait.
Ma plus grosse erreur a peut-être été de vouloir faire valoir nos droits, car à partir de là, après que je lui ai fourni les liens adéquats vers le site de la mairie et des photos annotées de Google Earth, notre contact chez Monaco Global Enterprise a cessé de communiquer avec nous, sans nous dire qu’il quittait le navire ! Nous n’avons pas non plus reçu de nouvelles de l’agent français. Je pense qu’elle était aussi perdue que nous dans toute cette histoire.
Après avoir crié mon désespoir sur tous les toits, et fait un peu de scandale auprès des parties concernées, Monaco est revenu dans la partie, et a fait le strict minimum pour en finir avec le « type à problèmes » que j’étais.
À cette occasion, on nous a clairement indiqué que le conteneur serait déposé à l’entrepôt du transitaire près du port de Brisbane, que les agents de la quarantaine australienne s’y rendraient pour contrôler son contenu, que je pourrais être présent pour regarder par-dessus leur épaule, mais en restant hors de la zone de quarantaine, et enfin que je pourrais soit organiser le transport final de nos affaires jusque chez nous avec le transitaire, soit simplement récupérer le contenu et le déménager moi-même.
Je pensais aider et réduire le délai de livraison en proposant de vider le conteneur moi-même, mais Monaco a compris ma demande comme un « je vais faire toute la procédure tout seul à partir de maintenant, ôtez-vous de mon chemin. ». Le problème n’est pas tant le malentendu que le manque de communication de leur part qui a suivi. Ils ont réagi de façon personnelle, et non professionnelle.
Choisissez le QI… de votre transitaire !
Buccini Transport Hemmant, QLD : tout faux

Pour que les choses soient claires, je répète que nous n’avons pas eu l’occasion de choisir notre transitaire, puisqu’il a été désigné par l’agent du pays de départ.
J’avais beau insister auprès de Monaco pour être présent chez Buccini au moment où notre conteneur serait vidé, il a été vidé à huis clos, et je n’ai pu que constater le résultat : un vrai carnage.
Faites-le vous-même si vous le pouvez

Aucun effort n’a été fait pour respecter un semblant d’organisation et de symétrie dans l’empilement. En particulier, les cartons que j’avais utilisés allaient par familles : j’avais quatre séries différentes d’une douzaine de cartons identiques. L’idéal est d’empiler chaque série séparément, en veillant à ce que les bords tombent sur les bords, pour répartir uniformément la charge d’un carton à celui du dessous. Vous croyez que les manutentionnaires y pensent ? Bien sûr que non : ils ont empilé des cartons avec des objets de formes irrégulières, créant la pire répartition de poids possible, avec à la clé des coins ou des cartons écrasés.
Inutile d’avoir écrit « Ne pas empiler, doit rester au-dessus » sur l’un de nos cartons fragiles, puisqu’ils l’ont de toute façon placé sous des objets très lourds. On aurait presque dit qu’ils l’avaient fait exprès, pour nous mettre en colère. En fait, je ne pense pas qu’ils étaient si machiavéliques ; ils n’avaient pas les moyens d’une telle méchanceté, qui demanderait beaucoup de réflexion…
Voici entre autres ce que nous avons vu :
- des cartons posés sur le côté
- des cartons très lourds, comme un ampli de basse, posés sur un pack de canettes de soda, qui écrasaient eux-mêmes les flancs des cartons.
- des bords de cartons qui ne coïncidaient pas
- des avertissements écrits non respectés, comme « TRÈS FRAGILE » et « NE PAS EMPILER ».
Face à un tel désordre, aux rayures et aux casses possibles, j’ai décidé de ne pas aller plus loin avec le transitaire pour les cartons. Je ne lui ai confié que le transport de la table du salon, des frigos et de quelques objets incassables, comme les matelas, puisque le transport de leur hangar jusque chez moi était compris dans le prix. Pour tout le reste, j’ai loué un utilitaire à mes frais, et passé une journée entière, aidé par une personne trouvée sur Internet, à remplir le camion et à rentrer à la maison. Au moins, c’est moi qui étais responsable de mes affaires.
D’autres exemples des horreurs auxquelles nous avons eu droit
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les palettes en plastique, la panacée ?
À l’origine de ce fiasco, il y avait le prétendu risque biologique lié à l’importation d’effets personnels. Comme les douanes veulent voir, et éventuellement inspecter, chaque carton, l’idée est de charger vos affaires sur des palettes avant de charger les palettes dans votre conteneur. Ainsi, un transpalette pourrait facilement et rapidement les décharger une par une, sans réorganiser vos cartons. Cependant, il y a un mais… Il ne faut pas utiliser de palettes en bois, car le bois des palettes est lui-même considéré comme un risque biologique par les douanes ! Il y a toujours quelque chose, n’est-ce pas ?! Une option serait d’utiliser des palettes en plastique, du genre de celles qu’on voit chez certains primeurs ou importateurs. Elles coûtent plus cher que le bois, car elles sont plus rares (pas vraiment plus chères à fabriquer, cela dit), mais vous pourriez les garder pour votre prochain déménagement. À méditer…
Bonne chance pour votre déménagement en Australie !


